dimanche 21 mars 2010
Greenland or the false legacy of a name
The general line of thinking goes as follows: the island known as Greenland was named in the 10th century, a time which has become known as the Medieval Warm Period (MWP) in the northern part of the Atlantic Ocean. Scientists believe that temperatures during that time were close to the ones recorded today in this part of the world. Yet, for any sane being born today, the name "green land" clearly seems more suited to the grassy shores of Ireland than to the ice-cold fjords of Greenland. One can thus easily conclude that if Greenland looked like Ireland one thousand years ago during the MWP, then the climate at the time was obviously warmer than today, which would imply that we are still within the normal range of temperature variation. This whole thought may seem simple and clear-cut... but does sadly not take into account the fact that Erik the red, the "discoverer" of Greenland, was not a great friend of simplicity.
A violent yet creative character...
Even for the standards of his time, Erik the red was definitely not the kind of man you would like your daughter to marry. Born in Norway around 950, he was banned from the country around his 25th birthday, after having killed a man. He moved to Iceland, then a Norwegian colony. Unfortunately, his stay there did not attract him many friends. Neighbours seemed to have serious difficulties understanding his point of view on various matters and this led to several bloody arguments. Around 982, Erik drove his sword yet one time too much and was forced into exile once again.
This second conviction was no doubt a very serious matter. Forbidden to enter either Norway or Iceland (the latter for a presumed period of three years), Erik found himself into a deadlock. As a man of will (or maybe because he was driven by despair), he remembered old tales describing how Gunnbjörn, a sailor that lived a century ago, had found a land further west. Having nothing to lose, Erik decided to risk it; chartering a ship, he sailed west, hoping to find this land. His quest was successful: having reached Greenland, Erik explored the island and finally decided he would found a colony there.
... for one of the most talented advertiser of History
At this point of the story, one cannot help but suspect that the three years spent in Greenland made it clear for Erik that the place was probably not the most well-suited for his grand plans. A colony based on trade would indeed have the greatest difficulties in a place so far away from Norway, locked into the ice for most of the year. The main other resource of Nordic colonies, livestock rearing, would certainly not be easy to develop either, as the long winters meant that grasslands could only be used three months in a year. Even worse, wood and iron were rare. But for Erik, nothing was impossible and he pursued his goal with great tenacity. However, being (or so it seems) rather realistic, Erik sensed that describing his newfound land as "Snowland" would probably not be the best way to achieve success. This is why, according to some Nordic chronicles, he named the island "Greenland", hoping that a beautiful name would help attract people. His bet was right and marked the beginning of an adventure that would last 400 years... and a myth that would last even more.
French version can be found at Erik, ce grand farceur
Sources:
Collapse, from Jared Diamond
Heimskringla, text of the Scandinavian saga, notably Islendingabök
mercredi 18 février 2009
Erik, ce grand farceur
Ces dernières années, la cote de popularité du Groenland progresse au moins aussi vite que la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. L'île suscite bien sûr un intérêt marqué chez les scientifiques et dans les milieux d'affaire. Mais elle est également de plus en plus citée - et cela peut paraître plutôt paradoxal - par les sceptiques climatiques. C'est qu'elle offre un argument massue pour parer à tout embryon de discussion sur le changement climatique : son nom.Voici l'idée générale : le Groenland a été baptisé aux alentours de l'an mil, lors de la dernière période de réchauffement connue de l'Atlantique nord, appelée la "période chaude médiévale". Son nom signifie "terre verte" en langue scandinave, ce qui évoque plus l'Irlande que la banquise... Or, si le Groenland ressemblait à l'Irlande il y a mille ans, alors on peut déduire sans risque que l'île est actuellement plus froide qu'au Moyen-Age ; il n'y a donc pas matière à discuter pendant des heures d'un hypothétique réchauffement du climat.
La logique du raisonnement semble imparable... mais fait peu de cas de la réalité historique et de la personnalité du grand "découvreur" de l'île, Erik le rouge.
Un tempérament violent, mais inventif...
Même selon les standards de son époque, Erik le rouge n'est pas un individu très recommandable. Né en Norvège vers 950, il est impliqué dans un meurtre aux alentours de son 25ème anniversaire. Ceci lui vaut une condamnation à l'exil en Islande, alors colonie norvégienne. Mais son séjour dans ce pays sera également marqué par un bain de sang. Confronté à plusieurs conflits de voisinage, Erik n'est en effet pas très porté sur la médiation. Après un différend particulièrement violent qui se solde par de nombreux morts aux alentours de 982, Erik est banni d'Islande pour une période présumée de 3 ans.
Cette condamnation place Erik dans une situation extrêmement délicate ; interdit de séjour en Norvège et en Islande, il se trouve sans possibilité de repli. Toutefois, Erik n'est pas homme à s'en laisser conter. Il se souvient des déclarations de Gunnbjörn, un Viking qui prétendait avoir découvert une terre plus à l'ouest un siècle auparavant, et risque le tout pour le tout ; affrétant un bateau, il part à la recherche de cette terre de l'ouest. Sa tentative est couronnée de succès : son navire débarque finalement au Groenland, qu'il explorera durant la durée de son exil avant de décider d'y fonder une colonie.
... chez l'un des premiers grands publicitaires de l'Histoire?
Il est plus que probable qu'en trois années sur place, Erik a l'occasion de se rendre compte que les arguments en faveur de l'installation d'une colonie basée sur l'élevage et le commerce en Arctique sont plutôt minces. Le Groenland est douloureusement éloigné de la Norvège, coupé du monde par la glace pendant la majorité de l'année. Les hivers y sont terribles ; les terres ne sont pâturables que trois mois dans l'année et le bois est rare. Pour couronner le tout, le fer est très difficile à obtenir. Mais il en faut plus pour décourager un homme comme Erik. Tout à son objectif (qui prend d'autant plus d'importance que son retour en Islande se passe plutôt mal), il choisit d'appeler son eldorado arctique "terre verte". Ainsi qu'en témoignent certaines chroniques nordiques, il espère en effet "que ceux qui le suivront seront plus nombreux si la terre a un beau nom". Son pari sera payant et marque le début d'une colonie qui durera plus de 400 ans... et d'un mythe qui lui survivra bien davantage.Sources :
Collapse de Jared Diamond
Heimskringla (textes des sagas scandinaves, en particulier Islendigabok)
Images:
Kayak au Groenland, photo de National Geographic
ruine viking au Groenland
lundi 20 octobre 2008
Le climat : un thème qui fait l'unanimité?
Le retour en grâce de la question climatique
Le vent a en effet tourné aux Etats Unis. Après des années de déni et de désinformation par l'administration Bush, l'heure semble être enfin au réalisme : pour John McCain comme pour Barack Obama, le changement climatique est un problème réel qui nécessite une action urgente. au niveau national et international. Reste à savoir laquelle!
La bourse du carbone a le vent en poupe
A l'exemple de l'Union Européenne, les deux candidats ont déclaré qu'ils privilégieraient une bourse du carbone à une taxe carbone. Ceci revient à dire qu'ils envisagent de limiter les émissions de gas à effet de serre des entreprises sans s'attaquer à la question délicate des particuliers. Par ailleurs, leurs objectifs de réduction des émissions sont sensiblement équivalents : malgré quelques divergences sur le long terme - à l'horizon 2050, McCain envisage théoriquement une réduction des émissions de 60% par rapport à 1990 alors qu'Obama affiche un objectif de 80% - les deux candidats souhaitent avant tout ramener les émissions de 2020 au niveau de 1990. Sachant qu'en 2005, les émissions américaines étaient 16% plus élevées qu'en 1990, cet objectif représenterait déjà un réel effort. Il reste toutefois bien inférieur à l'objectif européen, qui consisterait à diminuer les émissions d'au moins 20% par rapport au niveau de 1990 d'ici 2020.
Pétrole et indépendance énergétique : un cocktail explosif ...
Le flirt récent du baril de pétrole avec les 150$ a plus que jamais remis la délicate question de l'indépendance énergétique au goût du jour. La question est politiquement très délicate, et a obligé McCain à changer son fusil d'épaule. Après avoir voté régulièrement contre le forage de puits pétroliers dans l'Artic National Wildlife Refuge (ANWR, une immense zone protégée le long de la mer de Baufort), le candidat républicain a déclaré dernièrement qu'il était favorable à ce projet, ce qui ne peut qu'agréer à sa colistière, Sarah Palin. Prudent cependant (il sait sans doute que ce projet ne permettra pas de dégager de pétrole avant plusieurs années, que les réserves qu'on prette à l'ANWR sont hypothétiques et que même si elles s'avèrent aussi importantes que prévues, elles ne réprésentent qu'une goutte d'eau dans la consommation américaine), il envisage également un investissement massif dans le nucléaire - 45 centrales construites d'ici 2030 - ainsi que la promotion du charbon propre et des technologies innovantes. Les énergies solaire et éolienne le laissent en revanche dubitatif ; selon ses dires, elles sont "à 10 ans d'être utilisables".
... qui oblige à quelques contorsions
De son côté, Obama soutient une diminution aussi rapide que possible de la dépendance américaine au pétrole. Probablement conscient que la chose présente quelques difficultés, il préconise l'économie énergétique sous la forme d'une limitation de la consommation des véhicules ainsi que la promotion des énergies renouvelables, du nucléaire et du charbon propre. Sa position sur la question des forages pétroliers est assez ambigüe : le parti démocrate étant historiquement opposé au forage dans l'ANWR, il dispose sur cet aspect de peu de marge de manœuvre. Il a en revanche annoncé qu'il soutenait le forage offshore le long des côtes des Carolines et dans le golfe du Texas.
La fin de l'isolationnisme américain?
Pour les deux candidats, les Etats-Unis se doivent de reprendre leur place dans le débat international sur la question climatique. Alors qu'Obama envisage d'entraîner son pays dans le débat post-Kyoto, McCain se place dans la droite ligne républicaine et a déclaré qu'il ne souscrirait pas à un accord international contraignant si celui-ci n'incluait pas la Chine et l'Inde.
Alors, pro-républicain ou pro-démocrate? This is now the question...
lundi 23 juillet 2007
Floride : paroles, paroles...
Décidément, rien ne va plus au parti Républicain. Voilà maintenant que le gouverneur du quatrième Etat le plus peuplé du pays s'affiche comme un défenseur de la cause climatique !Charlie Crist, gouverneur de l'Etat de Floride, vient en effet d'annoncer qu'il comptait mettre en place un plan ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre de la péninsule. L'objectif affiché est de diminuer les émissions de 25% par rapport au niveau de 1990 d'ici 2025 et de les réduire à 1/5ème de leur niveau de 1990 d'ici 2050.
Pour atteindre ces objectifs, le gouverneur semble envisager le recours à la fameuse recette-miracle de la chasse au gaspillage (qui demande encore à faire ses preuves). Il veut ainsi promouvoir une meilleure efficience énergétique des usines, des bâtiments et des véhicules de Floride et a insisté sur la place (plus) importante qu'il compte accorder aux énergies renouvelables comme le solaire.
Un Etat particulièrement vulnérable
Il est vrai qu'à priori, la Floride a beaucoup à perdre en cas de réchauffement climatique majeur : avec une altitude moyenne de 30 mètres et plus de 2000 kilomètres de côtes, l'Etat est particulièrement vulnérable à la montée du niveau des eaux. Les 2/3 de ses précieuses plages, qui sont aujourd'hui sa principale source de revenue, pourraient d'ailleurs avoir disparu en 2100, entraînant avec elles la perte de richesses naturelles comme les Everglades ou les récifs coraliens (qu'adviendra-t'il de Disneyworld?). Selon l'étude réalisée par l'Union of Concerned Scientists, certaines zones de l'Etat seront également susceptibles de connaître de longues périodes de sécheresse, tandis que l'intensité des tempêtes tropicales pourrait augmenter. Selon le New York Times, il y a d'ores et déjà en Floride beaucoup de propriétaires qui peinent à trouver une compagnie disposée à les assurer...
Les ambitions du gouverneur Crist s'inscrivent dans la nouvelle mouvance républicaine
L'action du gouverneur Crist vise clairement à lancer son Etat et lui-même sur les traces de politiciens d'affiliation républicaine dont la prise de position en faveur de l'environnement a été très médiatisée ces derniers temps, comme le gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger ou le maire de New York City Michael Bloomberg. Mais ses déclarations ambitieuses seront-elles vraiment suivies dans la pratique par une véritable réduction des émissions?
De la théorie à la pratique : le grand fossé
Selon le New York Times, celà reste à vérifier. Pour commencer, il semble improbable que la Floride mette réellement en place des standards de consommation énergétique des véhicules, car elle n'y est pas autorisée sous la réglementation fédérale actuelle (et même si elle l'était, elle serait selon toute probabilité bloquée par la bataille légale qui continue à faire rage entre les Etats et l'Environmental Proctection Agency).
D'autre part, le manque d'enthousiasme de la population vis à vis de ces mesures rend leur pérennité douteuse. Les actions promues par le gouverneur d'un Etat peuvent en effet très bien être annulées par son successeur. Dans un système démocratique, seul un vrai support populaire peut assurer le maintien d'engagements politiques, surtout si ceux-ci sont censés s'étaler sur les quatre prochaines décennies.
Un tel support faisant pour l'instant défaut en Floride, il y a fort à parier que les engagements du gouverneur Crist ne seront guère plus que des mots. Il reste à espérer que lesdits mots inciteront les instances fédérales à se pencher enfin sérieusement sur le problème climatique. Pour que l'Etat du Soleil ne devienne pas la Venise de l'Amérique.
Photo : http://blog.bmykey.com/immobilier/
lundi 16 juillet 2007
Infatigable Al Gore
Le concours consiste à produire un spot de 15, 30 ou 60 secondes expliquant le phénomène du réchauffement climatique et incitant à demander une action pour le résoudre. Selon les informations exclusives du New York Times, il s'adresse à toute personne ayant des talents particuliers avec une caméra ou un logiciel de production de film (ne vous réjouissez pas trop vite, cette description nébuleuse inclut aussi les agences de publicité...). Les 20 meilleurs spots seront sélectionnés par une équipe très glamour qui inclut entre autres Cameron Diaz, Orlando Blum et Georges Clooney... Les détails du concours sont là.
Avec cette action, Al Gore révèle une nouvelle facette de sa personnalité : son sens de l'humour caché. Le gagnant de ce grand projet se verra en effet offrir un magnifique véhicule utilitaire Toyota Highlander hybride (j'imagine que tout est dans la nuance), qui lui offrira l'oportunité rare de parcourir s'il le souhaite les vastes avenues de New York City... à plus de plus de 9 litres aux 100 km.
jeudi 28 juin 2007
L'optimisme trompeur des rapports du GIEC?
James Hansen a l'habitude d'être traité d'alarmiste. Voici en effet plus de trois décennies qu'il manifeste, avec une obstination très Midwest, son inquiétude face aux conséquences du réchauffement climatique, s'attirant régulièrement les foudres de ses collègues climatologistes.
L'homme n'est pourtant pas né de la dernière pluie. Directeur du Goddard Space Flight Center de la NASA, il collectionne depuis des années les publications dans des revues scientifiques aussi prestigieuses que Science. Mais voilà : ses déclarations, souvent privées de la traditionnelle prudence scientifique (ses fameuses "99% de certitude" de l'existence du réchauffement climatique devant le Sénat en 1988, par exemple), agacent ses collègues autant qu'elles réjouissent les journalistes.
... dont la position fait des émules
Pourtant, si j'en crois un article paru dans Science il y a deux semaines, les climatologistes qui rejoignent les rangs de l'alarmiste de la première heure sont aujourd'hui de plus en plus nombreux. Leur constat est simple : le GIEC, en prenant la décision de ne baser ses conclusions que sur les prédictions de modèles, donne une image trompeusement optimiste de la situation dans laquelle nous nous trouvons.
Les limites de la modélisation
Cet aspect est parfaitement illustré par le débat actuel sur la montée du niveau des océans au cours du 21ème siècle. Selon le dernier rapport scientifique du GIEC, publié en février 2007, le niveau de la mer ne devrait monter en moyenne que de 0,34 mètres au cours du prochain siècle. Mais cette estimation ne tient pas compte d'effets encore mal connus scientifiquement et qui ne peuvent en conséquence pas être modélisés.
Parmi eux, on trouve la désintégration tout à fait imprévue en 2002 de la saillie glaciaire Larsen B, dans l'Antartique ouest, qui a amené brutalement la communauté scientifique à réaliser que l'on avait peut-être surestimé la résistance des calottes glaciaires au réchauffement.
On constate également que les observations sur le terrain sont depuis des années situées systématiquement dans la limite supérieure des prédictions du GIEC, à commencer par les émissions de gaz à effet de serre. Ceci est probablement dû au fait qu'il est beaucoup plus difficile d'avancer des chiffres précis pour des problèmes de grande ampleur et à évolution très rapide que pour des problèmes locaux qui évoluent lentement.
Enfin, on trouve parmi ces aspects non modélisables les données récoltées au fil des années par les paléoclimatologistes et les géologistes, qui montrent que le niveau des océans il y 120 000 ans était 4 à 6 mètres plus élevé qu'aujourd'hui, pour une température moyenne de la Terre seulement 1°C plus chaude (température que nous pourrions d'ailleurs atteindre d'ici la fin du siècle). Ces hauteurs ont certes été atteintes en des millénaires de fonte des glaces. Mais tout de même... un tel écart est troublant.
Alors, alarmiste, Hansen?
Sources :
Pushing the Scary Side of global Warming, de Richard E. Kerr. Science, 8 June 2007.
Thin Ice, de Mark Bowen
mardi 26 juin 2007
Le scepticisme climatique en Amérique / Climate scepticism in America
La personne prise pour cible sur ces images est un chercheur en sciences environnmentales de l'Université de Virginie et un contributeur aux rapports du GIEC. Le Dr. Patrick Michaels est membre de l'Institut Cato, un groupe d'experts proche du parti républicain. Il est connu pour son scepticisme climatique (qui n'est peut-être pas complètement étranger à ses sources de financement...)
Traduction : La terre se réchauffe, mais c'est un phénomère naturel. Il n'y a pas de preuve que les humains en sont responsables.
Traduction : Nous savons depuis des années que la Terre se réchauffe à cause des activités humaines, mais on ne peut rien y faire!
Traduction : Blup. Allo?English version:
As I was surfing on internet some days ago, I discovered Dr. Stephen Nodvin's blog. Dr. Nodvin is the Director of the School of Arts and Sciences of Mount Ida College in Massachusetts, as well as an associate professor in natural sciences there. He kindly allowed me to use some images found on his blog, that describes the evolution of the climate deniers' speech in America.
Dr. Patrick Michaels, the target of these caricatures is an environmental science researcher at the University of Virginia. Dr. Michaels is a contributing author to the IPCC reports and a member of the Cato Institute, a think-tank close to the Republican party. Dr. Michaels' "climate scepticism" is well-known in the US, though it might be partly due to his financing sources.
jeudi 14 juin 2007
La croisade de "l'ex-futur Président des Etats-Unis"
Pour Stephen Nodvin, directeur de la Faculté d'Arts et de Sciences du Mount Ida College et professeur en sciences naturelles dans cette même université, la "vérité dérangeante" d'Al Gore n'est pas une véritable surprise. Docteur en écologie, voilà des années qu'il essaie lui même d'expliquer les causes et les effets du changement climatique à un public varié, en commençant par ses étudiants.
"Ce qui m'a impressionné lorsque j'ai vu An Inconvenient Truth pour la première fois, c'est la facilité apparente avec laquelle Al Gore était parvenu à résumer en une heure et demie ce qui me prend généralement plus de trois semaines à expliquer à mes étudiants. En plus, ses graphes sont bien meilleurs que les miens!", m'explique-t'il lors d'un entretien téléphonique.
Stephen n'est pas le seul à avoir été impressionné par la clarté d'Al Gore. Lors de la sortie d'An Inconvenient Truth, l'Amérique toute entière a découvert un politicien charismatique, bien loin du candidat "ennuyeux" à la Présidentielle dont elle gardait le souvenir. Et pour cause : M. Gore a longuement planché sur la manière de faire passer un message complexe à un public extrêmement volatil. "Le seul fait de faire un film fait partie de cette logique, me raconte ainsi Stephen. Al Gore sait que c'est l'une des meilleurs façons d'avoir l'attention du public américain".
Un message qui doit encore être diffusé
Mais malgré le succès du documentaire (20 millions de $ d'entrées, deux nominations aux Academy Awards et une très grosse couverture médiatique), Al Gore a conscience que son film n'a pas permis de toucher l'ensemble de la population américaine. Il existe encore des régions entières d'Amérique, en particulier dans le Midwest, qui n'ont pas reçu son message. Ce message, un documentaire n'a pas pu l'apporter. Qu'importe ! Depuis le début de l'année, Al Gore recrute une armée pour le diffuser en personne à travers toute l'Amérique.
Stephen fait partie de la "cavalerie" du Climate Project. Comme 1000 autres candidats, il a été recruté pour donner la présentation du film dans sa région, le New Hampshire. Les candidats, qu'ils soient femmes au foyer ou scientifiques, ont participé à une session d'entrainement de deux jours et demis avec Al Gore, pendant laquelle ce dernier a repris pas à pas les explications scientifiques de son film, expliquant pourquoi il les avait présentées de cette manière. Les "messagers climatiques" se sont ensuite engagés à présenter le diaporama du film au moins dix fois au cours de la prochaine année. Pour beaucoup, cet objectif devrait être atteint facilement, car le temps presse : l'appel de l'ancien vice-président doit toucher le maximum de gens avant l'élection présidentielle de 2009. Car, comme le fait remarquer Stephen, "nous avons aujourd'hui toutes les technologies pour réduire substantiellement nos émissions. Tout ce qui nous manque, c'est de la volonté."
English Version : The crusade of the man who used to be the future President of the United States
mercredi 13 juin 2007
The crusade of the man who used to be the future President of the United States
The great discovery of An Inconvenient Truth: Al Gore
For Stephen Nodvin, director of the
But despite the unarguable success of the documentary, which grossed over $20 millions, earned two Academy Award nominations and received a broad Media coverage, Al Gore realizes that his movie did not reach everyone in
Version Française: La croisade de l'ex-futur Président des Etats-Unis
jeudi 7 juin 2007
Une vérité qui dérange
La vérité malvenue du documentaire d'Al Gore"Je me suis sentie vraiment déprimée après avoir vu ce film". C'est ainsi que Betsy, une collègue de travail, m'a décrit le documentaire récompensé par deux oscars d'Al Gore, ancien candidat démocrate à la Présidentielle américaine.
Après l'avoir vu moi même, je comprends la réaction de Betsy. Le film, An Inconvenient Truth (Une Vérité qui Dérange) entraîne une prise de conscience douloureuse sur la question climatique. C'est un petit chef d'oeuvre de vulgarisation scientifique, qui laisse le spectateur face à des conclusions limpides et impossibles à éviter. Son message simple (il y a un réchauffement climatique rapide et c'est grave), appuyé par des graphes extrêmement clairs et le talent d'orateur d'Al Gore, a d'ailleurs créé une petite commotion aux Etats-Unis, facilitant l'apparition d'un nouveau questionnement au sein de la société américaine : si le réchauffement climatique est réel, quelles sont les solutions pour le résoudre?
Mais quelques raccourcis scientifiques et un optimisme excessif
Pourtant, malgré tous les atouts du documentaire, certains aspects de l'argumentation développée par Al Gore auraient à mon avis gagnés à être supprimés. Le film illustre ainsi longuement le réchauffement climatique par LA grande catastrophe naturelle apte à parler à un public américain, la destruction de la Nouvelle Orléans par l'ouragan Katrina. D'autres exemples de catastrophes naturelles récentes (les milliers de morts liés à la canicule européenne en 2003, par exemple) sont aussi utilisés comme "preuves" de la réalité du réchauffement climatique. Un tel raisonnement n'est évidemment pas valable. Il est impossible de démontrer une tendance à partir de quelques évènements isolés, c'est le principe même d'une moyenne.
J'aurais également aimé ne pas entendre citer l'apparition récente de cas de turberculose multirésistante comme une conséquence du réchauffement climatique, alors qu'il s'agit avant tout du résultat de notre consommation irréfléchie d'antibiotiques. Par ailleurs, illustrer l'impact du réchauffement climatique sur la disparition des espèces vivantes par des exemples comme le dodo ou le mammouth me semble un peu... hors-sujet!
Enfin, malgré l'opinion de Betsy, je trouve le film en tantinet trop optimiste. Annoncer, comme Al Gore le fait, que nous pouvons tous réduire notre consommation de carbone à zéro en réalisant quelques efforts relativement simples (remplacer nos ampoules classiques par des ampoules économiques ou changer de voiture, par exemple) me paraît pour le moins mensonger, dans la mesure où il n'y a pas pour l'instant de solution qui nous permettrait d'atteindre un tel résultat.
Un début de prise de conscience indispensable
Mais malgré ces remarques, An Inconvenient Truth reste un film qui mérite d'être montré, au moins pour favoriser l'apparition d'une prise de conscience collective. Comme le fait remarquer Al Gore, ce que nous considérons aujourd'hui comme allant de soi pourrait bien en effet ne plus être là pour nos petits-enfants. Et laisser une telle chose se produire sans réagir serait profondément immoral.
Sources:
Photo : http://samiam.com/uploaded_images/an-inconvenient-truth-702835.jpg
jeudi 31 mai 2007
Melting Point or how to make global warming fun

"And then, every kid in the classroom could be given a country, knowing that he would be awarded marks according to his individual economic performance. Of course, everyone would try at first to play on his own, thinking only about his own interest, and everyone would crash! Then, kids would maybe start to understand the importance of teamwork on this issue”, Kent Quirk tells me enthusiastically.
In the shoes of a policy-maker
An impressive project
lundi 21 mai 2007
"l'environnementalisme extrême de l'Europe"
L'Allemagne face au changement climatique
Il y a quelques temps, j'ai assisté à une conférence au Centre d'Etudes Européennes d'Harvard. L'orateur, Karl-Heinz Florenz, membre du comité européen responsable des mesures environnementales et du parti chrétien-démocrate allemand, était venu expliquer l'approche de l'Union Européenne vis-à-vis du changement climatique aux étudiants d'Harvard.
Il faut bien l'avouer, la conférence n'était pas passionnante. Le sujet était assez général pour éviter à Mr Florenz de s'engager sur des pentes glissantes et en bon politicien, il en a tiré parti, brossant un portrait optimiste de la politique climatique de Bruxelles. Les choses se sont toutefois légèrement animées au moment des questions. Le public n'était pas né de la dernière pluie et a su appuyer avec une exquise politesse sur les points sensibles de la politique énergétique de l'Allemagne, s'interrogeant entre autres sur l'engagement anti-nucléaire du pays et sur l'absence de limitations de vitesse sur ses autoroutes.
Sceptique climatique
Alors que la conférence touchait à sa fin, l'ambiance feutrée a été brisée par l'intervention d'un jeune homme, qui a apostrophé Mr Florenz :"Je ne comprends vraiment pas pourquoi vous nous parlez de mettre en place des mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre alors qu'il n'y a pas de consensus scientifique sur le changement climatique. Tout ça ressemble à de l’environnementalisme extrême, comme celui qu’a connu l’Allemagne sous les Nazis".
Vous pouvez imaginer l'effet de ce discours dans un établissement aussi prestigieux qu'Harvard. Il y a eu un murmure choqué de la part du public et une salve très sèche de protestations de la part du modérateur. Le jeune homme, réduit au silence, s'est rassis en grommelant. Mr Florenz est resté très calme, probablement parce qu'il lui a fallu un certain temps pour assimiler ce qu'on venait de lui dire. Quant à moi, j'étais aux anges : j'avais trouvé un "sceptique climatique" pur et dur, représentatif d'un courant d'opinion peu facile à rencontrer en Nouvelle Angleterre.
Un vaste complot
A la fin de la conférence, j'ai été voir le jeune homme. Il s'appelait Ivan, était très grand, dégageait une odeur d'alcool et a semblé ravi de me soumettre ses opinions. Il s'est avéré qu'il était un disciple de Lyndon Larouche, un homme politique américain né en 1922. Larouche est un candidat récurent et autoproclamé aux élections présidentielles depuis 1976. Ses thèses sont assez obscures et ont évolué du marxisme à une forme peu claire de capitalisme influencée par l'idée récurrente que les Etats-Unis sont victimes d'un complot planétaire. Son organisation est soupçonnée de pratiquer du lavage de cerveau sur les jeunes gens qui la rallient.
Ivan m'a expliqué qu'il n'y avait pas de consensus scientifique sur le fait que les humains étaient responsables du changement climatique. Il m'a également expliqué que toute cette "fraude" étaient orchestrée par les Nations Unies, qui étaient depuis leur création des adeptes de la théorie malthusienne: nous étions trop nombreux sur cette planète et cela posait problème. Par ailleurs, la possibilité même d’un changement climatique n’était pas compatible avec une vision chrétienne, puisqu’elle insinuait que les activités de l’homme sur terre pouvaient entraîner des effets négatifs. Or, l’homme ayant été créé à l’image de Dieu (on part évidemment du postulat que Dieu est parfait et intrinsèquement bon), une telle hypothèse était une remise en cause fondamentale de la Bible.
La culpabilité supposée des Nations Unies est sans doute une variante de la théorie du complot de Larouche. Cependant, les grandes lignes de cette opinion ne sont pas spécifiques à Larouche. Elles reflètent un point de vue (incluant ou non l'aspect religieux) qui a jusqu'à récemment été populaire à Washington. Il m'a donc semblé important de vous le donner.
